Ce livre énonce, avec une implacable clarté, la question essentielle que se pose quiconque aborde l´Écriture avec l´intention de la prendre au sérieux, de l´accepter dans son intégralité et dans sa littéralité. Quel est le contenu concret des promesses divines ? Ce sont des promesses de bonheur, de richesse, de plé-nitude de vie, de justice immédiate. Qu´en est-il advenu ? La réponse, pour Quinzio, ne fait aucun doute : elles n´ont pas été tenues. La Bible, à ses yeux, raconte une succession d´« événements désastreux » non seulement « pour les hommes », mais « avant tout pour Dieu ». Un Dieu aux prises avec le difficile ajointement du temps historique, du temps des hommes où advient toute mort, et du « temps eschatologique », le temps de l´espérance que maintient une foi perpétuellement déçue par l´inaccomplissement des promesses et trouvant ce-pendant en lui la certitude de leur réalisation indéfiniment reportée. Un Dieu, donc, sans toute-puissance, sans cesse contredit par l´entêtement des faits historiques, mais dont nous sommes condamnés à parler, ne serait-ce que « parce qu´il n´est pas facile de ne plus en parler » ; et c´est précisément en par-lant de la défaite de Dieu, en l´intégrant « dans nos équations », que ceux qui croient et ceux qui ne croient pas peuvent se rencontrer. La foi profonde de l´auteur entre sans cesse en collision avec l´analyse histo-rique, qui montre le caractère tragique de la question que l´homme se pose sur Dieu. L´impossibilité pour Dieu d´exercer sa justice dans le monde - sans quoi, précisément, le monde prendrait fin -, entraîne la nécessité d´un méca-nisme compensatoire fondé sur des actes sacrificiels « qui ont avant tout le pou-voir d´expier à chaque fois la faute, de compenser l´injustice, de rétablir l´équilibre continuellement rompu ». Le temps confine à l´absurdité d´un Dieu défait. « La déception des premières générations chrétiennes » en attente déçue de la Parousie n´en finit pas de se répercuter. En quoi la vie, pour se pour-suivre, peut-elle avoir foi ? Si Dieu lui-même, que l´on disait éternité immo-bile, meurt dans le temps, pourquoi n´y vivrait-il pas ?

Ce livre énonce, avec une implacable clarté, la question essentielle que se pose quiconque aborde l´Écriture avec l´intention de la prendre au sérieux, de l´accepter dans son intégralité et dans sa littéralité. Quel est le contenu concret des promesses divines ? Ce sont des promesses de bonheur, de richesse, de plé-nitude de vie, de justice immédiate. Qu´en est-il advenu ? La réponse, pour Quinzio, ne fait aucun doute : elles n´ont pas été tenues. La Bible, à ses yeux, raconte une succession d´« événements désastreux » non seulement « pour les hommes », mais « avant tout pour Dieu ». Un Dieu aux prises avec le difficile ajointement du temps historique, du temps des hommes où advient toute mort, et du « temps eschatologique », le temps de l´espérance que maintient une foi perpétuellement déçue par l´inaccomplissement des promesses et trouvant ce-pendant en lui la certitude de leur réalisation indéfiniment reportée. Un Dieu, donc, sans toute-puissance, sans cesse contredit par l´entêtement des faits historiques, mais dont nous sommes condamnés à parler, ne serait-ce que « parce qu´il n´est pas facile de ne plus en parler » ; et c´est précisément en par-lant de la défaite de Dieu, en l´intégrant « dans nos équations », que ceux qui croient et ceux qui ne croient pas peuvent se rencontrer. La foi profonde de l´auteur entre sans cesse en collision avec l´analyse histo-rique, qui montre le caractère tragique de la question que l´homme se pose sur Dieu. L´impossibilité pour Dieu d´exercer sa justice dans le monde - sans quoi, précisément, le monde prendrait fin -, entraîne la nécessité d´un méca-nisme compensatoire fondé sur des actes sacrificiels « qui ont avant tout le pou-voir d´expier à chaque fois la faute, de compenser l´injustice, de rétablir l´équilibre continuellement rompu ». Le temps confine à l´absurdité d´un Dieu défait. « La déception des premières générations chrétiennes » en attente déçue de la Parousie n´en finit pas de se répercuter. En quoi la vie, pour se pour-suivre, peut-elle avoir foi ? Si Dieu lui-même, que l´on disait éternité immo-bile, meurt dans le temps, pourquoi n´y vivrait-il pas ?
