
Si la figure de Vincent de Paul a donné lieu à de nombreuses biographies, hagiographies et films, ses textes ont fait l’objet d’une attention bien moindre et demeurent difficilement accessibles. L’ouvrage le plus courant concernant Vincent de Paul est le Prier 15 jours avec saint Vincent de Paul (2000) du P. Renouard. C’est à lui que nous avons soumis le choix de textes ici présenté, dont il a écrit l’excellente préface. Le présent ouvrage est donc parfaitement complémentaire du Prier 15 jours : il livre quelques-uns des textes les plus représentatifs de l’oeuvre de Vincent de Paul, dans la perspective à la fois spirituelle et littéraire qui est celle des Carnets spirituels. Car, on ne le sait pas assez, Vincent de Paul, homme d’action prophétique - précurseur de l’Abbé Pierre -, fut aussi un véritable écrivain et un grand mystique, lié par une profonde amitié spirituelle avec les plus grandes figures de son temps : Pierre de Bérulle, Jeanne de Chantal, François de Sales ou Saint-Cyran. Et ses maîtres spirituels ne sont autres que Jean Tauler, Jean de la Croix et Ruysbroeck. Les textes ici présentés sont extraits des oeuvres complètes en quinze volumes, publiées en 1923, et plus particulièrement des entretiens aux missionnaires (t. XI et XII). Comme pour les sermons d’Eckhart et de Tauler, il s’agit en réalité de notes prises au vol par les auditeurs des fameuses « Conférences du mardi », d’où une saveur et une spontanéité exceptionnelles que les écrits savants de l’époque ont perdues. On y entend vraiment la voix de cet infatigable berger landais et de ce religieux hors normes, bourru et tendre, que fut le fondateur des Lazaristes et des Filles de la Charité. « Dieu est très simple » : ces paroles de Vincent de Paul centrent l’attention sur une qualité qu’il ne cesse de louer : « La simplicité, écrit-il, je l’appelle mon évangile. » Et il ajoute : « C’est la vertu que j’aime le plus et à laquelle je fais plus d’attention dans mes actions. » Pour lui, nulle place pour la duplicité, la dissimulation, la ruse : les actes correspondent aux paroles - vrai défi en ce XVIIe siècle qui ne brille pas par le naturel... Cet esprit de primesaut est le vivant portrait des premières Filles de la Charité, paysannes sans finasserie et d’une droiture exemplaire. Pour Vincent de Paul, la simplicité implique l’amour de la vérité et l’engagement dans l’action. « Dieu est très simple » : il veut qu’on aille à lui simplement et « la simplicité est de faire toutes choses pour l’amour de Dieu ». La simplicité est donc manière d’approcher Dieu et manière d’approcher les pauvres, mais aussi un esprit et un style de vie.

Si la figure de Vincent de Paul a donné lieu à de nombreuses biographies, hagiographies et films, ses textes ont fait l’objet d’une attention bien moindre et demeurent difficilement accessibles. L’ouvrage le plus courant concernant Vincent de Paul est le Prier 15 jours avec saint Vincent de Paul (2000) du P. Renouard. C’est à lui que nous avons soumis le choix de textes ici présenté, dont il a écrit l’excellente préface. Le présent ouvrage est donc parfaitement complémentaire du Prier 15 jours : il livre quelques-uns des textes les plus représentatifs de l’oeuvre de Vincent de Paul, dans la perspective à la fois spirituelle et littéraire qui est celle des Carnets spirituels. Car, on ne le sait pas assez, Vincent de Paul, homme d’action prophétique - précurseur de l’Abbé Pierre -, fut aussi un véritable écrivain et un grand mystique, lié par une profonde amitié spirituelle avec les plus grandes figures de son temps : Pierre de Bérulle, Jeanne de Chantal, François de Sales ou Saint-Cyran. Et ses maîtres spirituels ne sont autres que Jean Tauler, Jean de la Croix et Ruysbroeck. Les textes ici présentés sont extraits des oeuvres complètes en quinze volumes, publiées en 1923, et plus particulièrement des entretiens aux missionnaires (t. XI et XII). Comme pour les sermons d’Eckhart et de Tauler, il s’agit en réalité de notes prises au vol par les auditeurs des fameuses « Conférences du mardi », d’où une saveur et une spontanéité exceptionnelles que les écrits savants de l’époque ont perdues. On y entend vraiment la voix de cet infatigable berger landais et de ce religieux hors normes, bourru et tendre, que fut le fondateur des Lazaristes et des Filles de la Charité. « Dieu est très simple » : ces paroles de Vincent de Paul centrent l’attention sur une qualité qu’il ne cesse de louer : « La simplicité, écrit-il, je l’appelle mon évangile. » Et il ajoute : « C’est la vertu que j’aime le plus et à laquelle je fais plus d’attention dans mes actions. » Pour lui, nulle place pour la duplicité, la dissimulation, la ruse : les actes correspondent aux paroles - vrai défi en ce XVIIe siècle qui ne brille pas par le naturel... Cet esprit de primesaut est le vivant portrait des premières Filles de la Charité, paysannes sans finasserie et d’une droiture exemplaire. Pour Vincent de Paul, la simplicité implique l’amour de la vérité et l’engagement dans l’action. « Dieu est très simple » : il veut qu’on aille à lui simplement et « la simplicité est de faire toutes choses pour l’amour de Dieu ». La simplicité est donc manière d’approcher Dieu et manière d’approcher les pauvres, mais aussi un esprit et un style de vie.
