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Prochaines conférences
programme complet début 2017
(à télécharger en pdf)


(à 19h30, au 2 rue des Antonins, Lyon 5e)


Jeudi 18 mai,Visite énergétique et symbolique 
de la basilique de Fourvière, (14h-18h) 

    avec Pierre-Alexandre NICOLAS

Vendredi 19 mai, Nouvelle terre, Nouvel Homme.
Les énergies de guérison
par Marie-France BEL

Dimanche 21 mai,Visite énergétique et symbolique
de la cathédrale Saint-Jean
, (14h-18h) avec
Pierre-Alexandre NICOLAS

Mardi 23 mai, les Arêtes de poisson, lieu initiatique ?
     
par Georges COMBE

Mardi 30 mai, La Création met l’Homme debout,
par Brigitte SENECA

Mardi 6 juin, Secrets et mystères du Son et de la Lumière,

     par Yves JACQUET

Vendredi 9 juin, Les Corps Subtils, par Claude
LEFEBVRE

Samedi 10 juin (19h30), Les 5 étapes pour parvenir
à la guérison
, par Jacques MARTEL (12 €)
COMPLET !!!!

Mardi 13 juin, Les Arêtes de Poisson et les Templiers

     à Lyon, par Walid NAZIM

Samedi 17 juin (19h30), Cérémonie du Thé,
avec Maître Zhongxian Wu

Mardi 20 juin (19h30) : Pensée chinoise et
acupuncture traditionnelle
,
par Jean MOTTE (Centre IMHOTEP)

Mardi 27 juin (19h30) : Et si la maladie n’était pas
un hasard ? 
L’interprétation des maladies, ou
Médecine des 
mauvais souvenirs par
Dr Pierre-Jean THOMAS-LAMOTTE
(+ consultations les mercredi  28 et jeudi 29 juin)

vendredi 30 juin et samedi 1er juillet : Les rencontres
       
du réenchantement du monde,
     par Mohammed TALEB

Programme des conférences et cours de
"L´Université de l´Âme du Monde", par
Mohammed TALEB - saison 2016-2017


Rappel des précédentes conférences de 2016

Rappel des conférences de 2015

_____________________________________

 

* Vidéo de l´alchimiste Patrick Burensteinas
à la librairie Cadence, le 28/10/2015



Eklectique, quelques définitions

LE ROBERT :
ÉCLECTIQUE [eklektism] adj.
1. Philos. Qui professe l´éclectisme, est inspiré par l´éclectisme.
2. Par ext. (XIXe s.) Qui n´a pas de goût exclusif, ne se limite pas à une catégorie d´objets (opposé à monomane).
ÉCLECTISME [eklektism] n. m. • 1755; de éclectique 
1. Philos. École et méthode philosophique de Potamon d´Alexandrie, recommandant d´emprunter aux divers systèmes les thèses les meilleures quand elles sont conciliables, plutôt que d´édifier un système nouveau - syncrétisme. - (1817)  Position analogue soutenue par Victor Cousin.
2. Par ext. Disposition d´esprit éclectique. Faire preuve d´éclectisme dans ses lectures, dans ses relations.
 CONTR. Sectarisme

 

LITTRE :
ÉCLECTIQUE :  Terme venant du verbe grec, choisir, le même que le latin eligere, élire.
1° Terme de philosophie. Qui admet ce que chaque système paraît offrir de bon. Philosophie éclectique.
2° Il se dit de ceux qui professent cette doctrine. Un philosophe éclectique.
    S. m. Un éclectique, les éclectiques. L´épicurien, l´éclectique goûtaient ensemble les douceurs de la société, VOLT. Phil. II, 187.
    Il se dit aussi de médecins qui ont appliqué la méthode éclectique aux systèmes médicaux.
    Dans le langage ordinaire, se dit de tout. Éclectique en littérature, en politique, en religion.
ÉCLECTISME     
1° Philosophie éclectique, doctrine de philosophes anciens, dits aussi syncrétistes, qui essayaient de réunir dans un même système les systèmes antérieurs.
    De nos jours, philosophie qui a essayé de faire un système nouveau avec des théories triées dans les systèmes antérieurs, et particulièrement avec des idées prises au platonisme, à Descartes, à Kant et à l´école écossaise.    
2° Secte de médecins fondée par Agathinus, disciple du médecin Athénée, dite aussi hectique, parce qu´elle s´attachait à certains principes, et épisynthétique, parce qu´elle ajoutait ensemble différents principes. De notre temps, doctrine des médecins éclectiques

 

Dictionnaire HACHETTE :
ÉCLECTIQUE : Qui choisit dans divers genres ce qui lui plaît sans s´asservir à un seul ;
ÉCLECTISME : 1) Système composé d´idées ou d´éléments doctrinaux d´écoles différentes ;
                           2) Largeur d´esprit permettant d´accueillir toute idée avec compréhension


DICTIONNAIRE DES SYNONYMES - CNRS :
éclectique : divers, varié.
éclectisme : choix, fusion, méthode, préférence, sélection, syncrétisme

 

DICTIONNAIRE DE L´ACADEMIE FRANCAISE :
ÉCLECTIQUE. adj. des deux genres. Qui, sans adopter un système particulier, choisit, dans les divers systèmes, les opinions qui lui paraissent les plus justes. Un philosophe éclectique. La philosophie éclectique.
Par extension, il signifie Qui est d´une disposition d´esprit non systématique, accueillante. Éclectique en littérature, en peinture.
ÉCLECTISME. n.m. Philosophie éclectique. L´éclectisme de l´École d´Alexandrie. L´éclectisme moderne.
Il se dit aussi, par extension, de la disposition d´esprit qui consiste à se garder de toute vue étroite et systématique. Un aimable éclectisme. Éclectisme de l´homme du monde

 

TRESOR DE LA LANGUE FRANCAISE
ÉCLECTIQUE, adj.
A. PHILOSOPHIE
   1. [Appliqué à une chose abstr.] Qui est relatif à l´éclectisme, en tant que méthode ou école philosophique. "Dans le IVe siècle le polythéisme expirait. Il chercha pour se relever à se réfugier dans la philosophie alexandrine, éclectique, déiste, qui, admettant tous les cultes comme divins, niait la divinité des dieux..."(VIGNY, Journal d´un poète, 1844, p. 1224.)
   2. [En parlant d´une pers.] Qui est partisan de l´éclectisme. "Ils [les Alexandrins] sont ouvertement éclectiques" (COUSIN, Hist. gén. philos., 1861, p. 192).
Emploi subst. "[Le] professeur de philosophie, vieil éclectique cousinien" (MALÈGUE, Augustin, t. 1, 1933, p. 74).
B. PAR EXTENSION (parfois péj.)
   1. [En parlant d´une pers.] Qui aime à choisir ce qui lui plaît dans des catégories de choses ou de personnes très différentes, qui est capable d´apprécier des choses ou des personnes fort diverses, qui refuse tout choix exclusif. "Un jeune normalien, éclectique et libre penseur" (MARTIN DU G., Devenir, 1909, p. 11). Emploi subst. : "Une œuvre faite à point de vue exclusif, quelque grands que soient ses défauts, a toujours un grand charme pour les tempéraments analogues à celui de l´artiste. L´œuvre d´un éclectique ne laisse pas de souvenir. Un éclectique ignore que la première affaire d´un artiste est de substituer l´homme à la nature et de protester contre elle. Cette protestation ne se fait pas de parti pris, froidement, comme un code ou une rhétorique; elle est emportée et naïve, comme le vice, comme la passion, comme l´appétit. Un éclectique n´est donc pas un homme". (BAUDELAIRE, Salon, 1846, p. 169.)
   2. [Appliqué à une chose] Qui manifeste cette capacité ou cette complaisance à choisir dans des catégories très diverses; qui est fait d´éléments très divers, rassemble une grande variété de tendances. Art, goût, opinion éclectique. "Paris est le seul lieu du monde où il existe de ces maisons éclectiques où tous les goûts, tous les vices, toutes les opinions sont reçus avec une mise décente" (BALZAC, Fille Ève, 1839, p. 194).
Etymol. et Hist. 1651 [d´apr. BL.-W.1-5]; 1732 « nom que l´on donnait à quelques philosophes anciens » (Trév.); 1818 philos. mod. (V. COUSIN, Cours de 1818 d´apr. l´éd. 1836 ds P. JANET, Victor Cousin et son œuvre, Paris, éd. Calmann-Lévy, p. 64); 1832 « qui n´est pas exclusif dans ses goûts » véritable éclectique comme on dirait aujourd´hui (HUGO, N.-D. Paris, p. 40). Empr. au gr. « qui exerce un choix, sélectif » (cf. « les Éclectiques, philosophes qui empruntaient des éléments de leur doctrine à différentes écoles, surtout à l´épicurisme et au stoïcisme »), v. LAL., lui-même dér. de « choisir ». Fréq. abs. littér. : 68.
DÉR. Éclectiquement, adv. D´une manière éclectique, sans se prononcer catégoriquement pour une tendance ou une opinion déterminée. "Quant à « Phèdre » [jouée par Rachel], je trouve que vous la jugez un peu éclectiquement. Elle a complètement réussi" (SAINTE-BEUVE, Corresp., t. 5, 1818-69, p. 64).
Seule transcr. ds LITTRÉ : é-klè-kti-ke-man. 1ère attest. 1838 (Ac. Compl. 1842); de éclectique, suff. -ment.
ÉCLECTISME, subst. masc.
A. PHILOS. Méthode intellectuelle consistant à emprunter à différents systèmes pour retenir ce qui paraît le plus vraisemblable et le plus positif dans chacun, et à fondre en un nouveau système cohérent les éléments ainsi empruntés. Victor Cousin eut la pensée de réunir, à son tour, dans un nouvel éclectisme, tout ce que contenaient de vrai les systèmes que les différents pays et les différents temps ont produit (F. RAVAISSON, Rapport..., § 2, p. 19 ds FOULQ.-ST-JEAN 1962).
1. Spécialement
a) École philosophique du néoplatonicien Potamon d´Alexandrie au IIIe siècle avant Jésus-Christ. Les derniers disciples de Platon furent les fondateurs de l´éclectisme (CONDORCET, Esq. tabl. hist., 1794, p. 80).
b) École philosophique de Victor Cousin :
1. ... ce que je recommande, c´est cet éclectisme éclairé qui, jugeant avec équité et même avec bienveillance toutes les doctrines, leur emprunte ce qu´elles ont de commun et de vrai, néglige ce qu´elles ont d´opposé et de faux. (COUSIN, Cours d´hist. de la philos. mod., t. 2, 1847, p. 12.)
2. Péjoratif : "L´universalité véritable (...) est tout le contraire de l´éclectisme. Elle ne marie pas le oui et le non, le ciel et l´enfer. Elle suppose un oui, mais assez vaste pour emplir le ciel et la terre, et qui pour l´éternité est exclusif du non". (MARITAIN, Primauté du spirituel, 1927, p. 140.)
B. PAR ANALOGIE. Attitude, disposition d´esprit portant à choisir sans exclusive parmi des catégories de choses ou de personnes très diverses; qualité d´un ensemble de choses révélant cette disposition. L´éclectisme des relations, des lectures. L´éclectisme des programmes ressortirait plus encore du détail des soirées symphoniques (Annuaire de la radio, 1933, p. 84). Il ne manquait du reste ni de passion, ni de goût, ni d´éclectisme clairvoyant (ARNOUX, Contacts all., 1950, p. 42).
(Plus ou moins) péjoratif : L´éclectisme de l´homme du monde (Ac. 1932).
Étymol. et Hist. 1. 1755 philos. "antique doctrine des .... dans l´antiquité" (Encyclop.); 2. 1831 "le combat que se livrent la spiritualité, l´analyse et je ne sais quel éclectisme railleur" (BALZAC, Peau chagr., 1831, p. 253).

 

DICTIONNAIRE DES MOTS ABSTRAITS
ÉCLECTIQUE, adj. (Du gr. eklektikos, c´est-à-dire formé d´éléments empruntés à d´autres systèmes, de eklegein, choisir.)
1. Composé d´éléments divers et distincts; non exclusif.
- Il est très éclectique dans le choix de ses livres.
- Son esprit éclectique suppose une culture étendue.
- Il a toujours eu des goûts éclectiques.
- Tu sautes toujours d´un sujet à l´autre, comme tu es éclectique !
- Cet homme d´affaires s´est forgé un réseau de relations très éclectique.
2. Qui puise à différents systèmes ce qui semble le meilleur, le plus juste pour en tirer un nouveau système.
- «L´éclectique est un philosophe qui, foulant aux pieds le préjugé, la tradition, l´ancienneté, le consentement universel, l´autorité, en un mot tout ce qui subjugue la foule des esprits, ose penser de lui-même, remonter aux principes généraux les plus clairs, les examiner, les discuter, n´admettre que sur le témoignage de son expérience et de sa raison... » L´Encyclopédie de Diderot et d´Alembert, V, 270.
SYN. : large (fig.), varié (1). ANT. : exclusif (1), sectaire (2).

 

ENCYCLOPEDIA UNIVERSALIS
ÉCLECTISME
Tendance qui revient périodiquement dans l’histoire de la philosophie occidentale et qui consiste à choisir, dans des écoles ou des systèmes différents, des opinions, regardées par l’éclectique comme vraies au moins partiellement, pour en constituer un corps de doctrine censé représenter la vérité intégrale et la croyance générale de l’humanité. L’éclectisme suppose donc toujours l’existence d’un critère de choix permettant de reconnaître la vérité donnée dans les différents systèmes; ce critère est la raison universelle, identique dans le temps et dans l’espace, et propriétaire inaliénable de la vérité: la philosophie, dira Victor Cousin, n’est pas à chercher, elle est faite.
À partir du Ier siècle, on trouve des philosophes qui se donnent eux-mêmes le nom d’éclectiques, tel Potamon d’Alexandrie (Diogène Laërce, Prologue des Vies des philosophes ). D’autres, sans prendre ce nom, adoptent la méthode éclectique, tel, selon Cicéron (De inventione ), son maître Antiochus d’Ascalon, philosophe de tradition platonicienne, qui mêle les traits platoniciens, aristotéliciens et stoïciens pour constituer sa propre doctrine, de la même manière que le peintre Zeuxis fondit les traits de cinq jeunes filles de Crotone pour peindre la beauté d’Hélène. Antiochus justifie sa méthode en affirmant qu’il existe une tradition commune qui unit entre elles ces trois écoles. Les recherches les plus récentes en histoire de la philosophie grecque (H.-J. Krämer, Platonismus und hellenistische Philosophie , Berlin, 1971) confirment en partie cette conception: ce sont les discussions au sein de l’académie de Platon qui ont fourni à la fois la problématique commune et les types de solution utilisés par les écoles postérieures. L’effort de systématisation inauguré par Antiochus d’Ascalon s’intensifie dans le néo-platonisme, à partir du IIe et du IIIe siècle, par une utilisation, pour ainsi dire, des «niveaux de vérité» (le stoïcisme saisit le vrai au niveau du monde sensible; l’aristotélisme, le vrai au niveau de l’Intellect divin; le platonisme, le vrai au niveau du Bien transcendant).
L’éclectisme se trouve aussi chez les auteurs chrétiens: chez Justin, Clément, Origène et Lactance, par exemple. Pour eux, des vérités partielles se rencontrent disséminées chez les philosophes païens. Le christianisme en tire le système de la vérité totale et parfaite, parce qu’il possède la Raison, incarnée en Jésus-Christ.
Dans la suite de l’histoire de la pensée occidentale, le phénomène éclectique se reproduit à certaines époques (Renaissance, XVIIIe s.) et chez certains auteurs (Montaigne, Cudworth, Leibniz). L’éclectisme de Victor Cousin (1792-1867) est un spiritualisme qui reflète le système politique mixte que voulait instaurer la monarchie de Juillet. Il veut être une philosophie supérieure à tous les systèmes, dégageant ce qu’il y a de vrai dans l’ensemble de ceux-ci, qui se trouvent ramenés aux quatre types fondamentaux du matérialisme, de l’idéalisme, du scepticisme et du mysticisme. Le choix du meilleur se fait chez Cousin grâce à l’analyse psychologique, qui permet de dépasser à la fois le matérialisme et l’idéalisme: la Raison est une donnée de la conscience, qui, en s’appliquant à d’autres faits de conscience, permet de fonder l’existence du Moi, du Monde et de Dieu.

 

DICTIONNAIRE PHILOSOPHIQUE - Armand Colin
ÉCLECTISME
1) Mode de pensée qui consiste à faire des emprunts à diverses doctrines pour les fondre en un système unique. Au sens péjoratif, absence de rigueur d´une doctrine composée de pièces disparates. Au sens positif : ouverture à la variété, par ex. du goût en art. (D. DIDEROT, art. Éclectisme, Encyclopédie, Hermann, t. VII, p. 36-112).
2) École philosophique fondée par V. Cousin qui, ramenant tous les systèmes philosophiques à quatre - idéalisme, sensualisme, scepticisme, mysticisme -, retenait de chacun un aspect positif. (V. COUSIN, Cours de philosophie. Été 1828, Corpus Fayard, p. 349-364 ; J. FERRARI, Les philosophes salariés, Payot, p. 36, 51, 93 ; P. RICOEUR, Histoire et vérité, Seuil, p. 46-48).

 

DICTIONNAIRE DE LA LANGUE PHILOSOPHIQUE - Foulquié
ÉCLECTIQUE. - Gr. eklektikos, qui choisit. Dérivé du v. eklegein, choisir en tirant de. Équivaut au lat. eligere.
 Philosophe qui, au lieu d´échafauder un système nouveau, emprunte aux divers systèmes les thèses qui lui conviennent. L´Alexandrin POTAMON (IIIe s.) passe pour l´inventeur de l´éclectisme. Le mot et l´idée furent repris par Victor Cousin.
   1 - "On s´abuserait bien si l´on croyait que Potamon, et les Eclectiques dont il a été le prince, ont été si inconsidérés que d´embrasser des opinions répugnantes et
contradictoires. (...) Il faut croire le semblable des autres Eclectiques qui ont été en cela si circonspects qu´ils ne se sont pas même assujettis à toutes les opinions
de Potamon, mais seulement à sa méthode de prendre de tous côtés ce qui semble le meilleur". (HUET, Tr. de la faiblesse de l´esprit h., 223, Londres, 1741.)
   2 - "L´éclectique est un philosophe qui, foulant aux pieds le préjugé, la tradition, l´ancienneté, le consentement universel, l´autorité, en un mot tout ce qui subjugue la foule des esprits, ose penser de lui-même, remonter aux principes généraux les plus clairs, les examiner, les discuter, n´admettre que sur le témoignage de son expérience et de sa raison ; et de toutes les philosophies qu´il a analysées sans égard et sans partialité, s´en faire une particulière et domestique qui lui appartienne". (Encyclop. de DIDEROT et D´ALEMBERT, V, 270.)
   3 - [A propos de Suarez] "certains ont prétendu qu´il manquait d´esprit de synthèse. (...) Au surplus, sa grande érudition l´inclinait à l´éclectisme. Il rapportait telle opinion foi, telle autre là et le résultat était un rapiéçage et non un système. Les critiques ne pourraient prétendre qu´il est un éclectique superficiel (...) ; mais Ils prétendent qu´il était éclectique en ce sens qu´il ne possédait pas le don de synthèse". (F. COPLESTON, Hist. de la philos., III, 399.)
   v. Doctrine, 6.
   Par analogie : est dit éclectique quiconque, dans n´importe quel domaine (art, littérature, relations, gastronomie...), ne se limite pas à une catégorie d´objets, mais prend n´importe où ce qui lui convient.
ÉCLECTISME. - École philosophique prétendant se constituer une doctrine propre en choisissant parmi les thèses des divers systèmes celles qui lui conviennent. Principalement l´École de Victor Cousin. Diffère du syncrétisme par l´organisation en un système cohérent.
     4 - "En général, dans l´histoire de la philosophie nous sommes pour tous les systèmes qui sont eux-mêmes pour la raison. (...) Tels sont les fondements très simples de notre éclectisme" (V. Cousin, De vrai, du beau..., Il- leç., 429-430.)
    5 - "On rencontrera déjà dans ces Premiers essais, l´éclectisme, la chose et le mot, avec sa juste portée et dans sa vraie mesure, c´est-à-dire comme une méthode historique, supposant une philosophie avancée, capable de discerner ce qu´il y a de vrai et ce qu´il y a de faux dans les diverses doctrines, et, après les avoir épurées
et dégagées par l´analyse et la dialectique, de leur faire à toutes une part légitime dans une doctrine meilleure et plus vaste". (V. Cousin, Premiers essais de philos., XVI-XVII.)
    6 - "Victor Cousin eut la pensée de réunir, à son tour, dans un nouvel éclectisme, tout ce que contenaient de vrai les systèmes que les différents pays et les différents temps ont produit". (F. RAVAISSON, Rapport..., § 2, p. 19.)
    7 - [A propos de V. Cousin.] "D´abord les sensualistes, puis les Ecossais commentés et développés par M. Royer-Collard, puis M. de Biran, ensuite Kant, bientôt Schelling et Hegel qu´il découvre, puis Platon, Plotin, Descartes, Leibniz qu´il retrouve. Ces diverses doctrines ont brillé tour à tour dans cette vive imagination comme autant de lumières dans une lanterne magique, un peu confondues, un peu altérées, un peu transformées. De tout cela s´est formé l´éclectisme". (H. TAINE, Philos. class., 131.)
    8 - "La Révolution de 1830 survint, et le parti de M. Cousin monta au Pouvoir. Bientôt M. Cousin fut ministre ; l´éclectisme devint la philosophie officielle et prescrite, et s´appela désormais le spiritualisme". (Ibid., 306.)
    9 - "L´éclectisme ne mérite pas un long examen, quoiqu´il soit une échappatoire tentante et une solution économique - celle du bavardage philosophique". (P. RICOEUR, Hist. et vérité, 55.)
   10 - [En sociologie.] "L´éclectisme, lui, fait des habits d´Arlequin. Il veut tout ramener à l´unité d´un point de vue. Les pièces qu´il assemble mises l´une à côté
de l´autre révèlent leur hétérogénéité". (J. MONNEROT, Les faits sociaux ne sont pas des choses, 37.).
   v. Cartésianisme, 3.
   Par analogie : façon de se comporter de celui qui choisit parmi ce qui se présente, en particulier de celui qui choisit dans des catégories fort diverses. Éclectisme des relations, des lectures.

 

ENCYCLOPEDIE PHILO-NOTIONS
ÉCLECTISME [philo. géné., doct.] subs. marc.
L´adjectif et le nom eklektikos en grec sont tardifs, au sens de "apte à choisir". Mais eklektos est dans Platon (Lois 938 b) au sens de « choisi », du verbe eklegô, qui signifie « choisir » et aussi « prélever ». Au sens général, doctrine constituée par le choix des meilleurs principes empruntés aux doctrines antérieures. Une doctrine qui se réclame de l´éclectisme tend à se présenter comme l´explicitation du sens commun.
Selon Diogène Laërce (Proemium 17 et 21), le terme désigne l´Ecole de Potamon d´Alexandrie dont on ne sait d´ailleurs presque rien. II fut appliqué également à une école médicale. L´éclectisme comme doctrine apparaît avec Antiochus d´Ascalon (mort en 68 av. J.-C.) qui estime, contre le scepticisme, que Platon, Aristote et les stoïciens s´accordent sur l´essentiel. Le plus célèbre disciple d´Antiochus, Cicéron, développe un éclectisme analogue. Plus généralement le terme d´éclectisme désigne, chez les premiers historiens de la philosophie, l´Ecole d´Alexandrie (néo-platonisme). Au milieu du Vl° siècle, un de ses derniers représentants, Simplicius, posait en principe : « Il faut, sur tous les points où Aristote contredit Platon, ne pas s´en tenir à la lettre, ni croire à un dissentiment réel de ces deux philosophes, mais, en allant au fond de leur pensée, montrer comment sur la plupart des points ils s´accordent et se réconcilient » (In cet. V).
A l´époque moderne, l´éclectisme est particulièrement illustré par Leibniz (bien qu´il ne se soit pas réclamé du mot) quand il écrit : « J´ai trouvé que la plupart des sectes ont raison dans une bonne partie de ce qu´elles avancent, mais pas tant en ce qu´elles nient » (Lettre à Remond du 10 janvier 1714). L´éclectisme ne croit pas possible de faire table rase du passé, il prend en considération l´histoire de la philosophie dans sa continuité et il veut s´élever jusqu´au point de convergence des vérités partielles. Chez les philosophes des Lumières, l´éclectisme implique tolérance, libre examen, par opposition à l´esprit de système ou au « fanatisme » des Eglises. Voltaire, Diderot s´en sont réclamés. La dénomination d´éclectisme a été revendiquée par Victor Cousin, dès ses premiers cours (1817). L´éclectisme de Victor Cousin repose sur la réciprocité du point de vue « psychologique » (analyse de l´esprit humain) et du point de vue historique, ce qui lui permet de dégager la complémentarité à la fois historique et systématique de quatre principes fondamentaux : sensualisme, idéalisme, scepticisme et mysticisme. Comme méthode philosophique, l´éclectisme est donc la découverte progressive d´une complétude, d´une harmonie, contre la prétention abusive de chaque principe de constituer à lui seul un système qui se suffirait. Mais Victor Cousin et ses disciples feront de plus en plus de l´éclectisme un spiritualisme appuyé sur le sens commun et sommairement opposé au matérialisme. "La polémique contre Victor Cousin a contribué à donner au terme d´éclectisme une acception péjorative au sens de : « association superficielle de principes plus ou moins compatibles », acception que l´Ecole de Cousin réservait au mot « syncrétisme »". (J. Lefranc.)
• J. BRUCKER, Historia critica philosophiae, Leipzig, 1742-1744. - V. COUSIN, Premiers essais de philosophie, 3s, éd., 1855 ; Fragments philosophiques, Préface à la 1ère éd. de 1826 ; Introduction à l´histoire de la philosophie, 1828.- D. DIDEROT, article "Eclectisme" de l´Encyclopédie. - H. HOLZHEY, "Potlosophie als Eklektic", Studia Leibnitiana, 1983, 15, no 1, p. 19-29. -W. SCHNEIDERS, "Vernünftiger Zweifel und Wahre Eklektic zut Entstehung des Modernen Kritikbegriffes", Studio Leibnitiana, 1985, 17, no 2, p. 148-181.

 

PETITE ENCYCLOPEDIE PHILO.
Du grec eklegein : choisir. Scou., phil.
1) Mode de pensée qui consiste à faire des emprunts à diverses doctrines pour les fondre en un système unique. Au sens péjoratif absence de rigueur d´une doctrine composée de pièces disparates. Au sens positif: ouverture à la variété, par ex. du goût en art. (D. DIDEROT, art. "Éclectisme", Encyclopédie, Hermann, t. VII, p. 36-112).
2) École philosophique fondée par V. Cousin qui, ramenant tous les systèmes philosophiques à quatre - idéalisme, sensualisme, scepticisme, mysticisme -, retenait de
chacun un aspect positif. (V. Cousin, Cours de philosophie. Été 1828, Fayard, p. 349-364. J. FERRARI, Les philosophes salariés, Payot, p. 36, 51, 93).

 

PETITE ENCYCLOPEDIE PHILO.
ÉCLECTISME. n.m.
1) Sens strict. École philosophique peu systématique dont la méthode consiste à accueillir dans différentes doctrines ce qui ne suscite pas l´objection et paraît éclairant. Ce fut, en particulier, dans l´antiquité, l´école de Potamon d´Alexandrie, et au XIX° siècle, celle de Victor Cousin (1792-1867). L´éclectisme ne consiste pas à constituer des mélanges disparates, des «habits d´Arlequin». Diderot, dans l´Encyclopédie, l´appréciait comme une manifestation de «tolérance». Cousin a souligné ce que sa position implique de discernement, de connaissance de l´histoire de la pensée, et de capacité d´analyse. Cependant, on reproche fréquemment à l´éclectisme son hétérogénéité.
2) En un sens plus large, l´éclectisme est une attitude de l´esprit et de la sensibilité qui se caractérise par une absence d´idée directrice, d´où une grande diversité dans les lectures, les prises de position, les goûts. Il convient de réserver le mot de "syncrétisme" pour désigner une prise en compte, faite sans esprit critique, de doctrines différentes.

 

VOCABULAIRE DE LA PHILOSOPHIE - LALANDE
ÉCLECTISME, D. Eklektizismus; E. Eclecticism ; I. Eclettismo.
Ce terme désigne soit une méthode, soit une école.
1° En tant que méthode
A. Réunion de thèses conciliables empruntées à différents systèmes de philosophie, et qui sont juxtaposées, en négligeant purement et simplement les parties non conciliables de ces systèmes.
B. Conciliation, par la découverte d´un point de vue supérieur, de thèses philosophiques présentées d´abord comme opposées par les auteurs qui les soutenaient. "L´éclectisme créateur... (celui) des hommes de génie, des Platon, des Aristote, des Leibniz... consiste à recueillir toutes les grandes idées suscitées par le progrès des âges ; et à les fondre pour les unir, au creuset d´une idée nouvelle". Em. SAISSET, Leçon d´ouverture du cours d´histoire de la philosophie à la Sorbonne, 19 janvier 1857.
2° En tant qu´école
C. Appliqué quelquefois à l´École d´Alexandrie. (Mais, seule, l´École de Potamon d´Alexandrie est qualifiée ainsi dans les sources grecques.)
D. L´École de Victor Cousin. En France et dans la langue contemporaine, c´est presque toujours pour désigner cette école que le mot est employé.
"Cette philosophie a reçu de lui (Cousin) le nom d´éclectisme, sous lequel elle appartient désormais à l´histoire des idées du XIXe siècle. Un autre se serait peut-être moins prêté aux interprétations erronées... Ne s´est-on pas imaginé que l´éclectisme consistait à recueillir, dans tous les systèmes successivement adoptés et abandonnés par l´esprit humain, quelques lambeaux de doctrine... qu´on ajustait ensuite tant bien que mal... sans mesure précise de la vérité et de l´erreur, dans une sorte de mosaïque philosophique ?... [L´éclectisme de Cousin repose au contraire] sur ce principe incontestable et incontesté... que les systèmes sont construits avec des éléments préexistants dans l´esprit humain, comme les oeuvres de l´industrie et de l´art avec des éléments préexistants dans la nature. S´il n´en était pas ainsi, un système philosophique ne pourrait jamais en appeler à l´autorité de la raison et de la conscience."FRANCK, V. Cousin, 311a.
ÉCLECTIQUE se dit ordinairement en un sens favorable ou du moins neutre, plutôt qu´en un sens défavorable. Cependant, il a pris une nuance péjorative en France dans la seconde moitié du xixe siècle, les adversaires de l´école éclectique (TAINE, RENOUVIER) lui reprochant de procéder à un choix arbitraire et sans critérium précis. Cette nuance de mépris paraît regrettable, étant donné qu´il existe déjà pour l´exprimer les termes syncrétisme et syncrétique, dont le caractère péjoratif est universellement reconnu : « L´éclectisme méprise l´art des combinaisons et des rapprochements contre nature ; il répudie tout ce qui, de près ou de loin, ressemble à du syncrétisme. » VACHEROT, leçon d´ouverture, 5 déc.1838. - « Le syncrétisme est défini comme rapprochement plus ou moins forcé de doctrines entièrement différentes. » FRANCK, V.C., 1697b. (...)
Il conviendrait donc de se servir du mot éclectisme au sens général, en négligeant le caractère défavorable qu´il a pris d´une façon locale et accidentelle, et d´user toujours du mot syncrétisme pour désigner la juxtaposition sans critique de doctrines incohérentes. Si l´on voulait marquer la différence des sens A et B, on pourrait appeler le premier Éclectisme et le second Éclecticisme. Cette dernière forme serait d´autant mieux appropriée qu´elle a prévalu dans les langues où des circonstances historiques particulières ne sont pas venues affaiblir la valeur philosophique du mot.
1. " Réunion sans nouvelle élaboration. " - 2. " Mélange sans méthode et sans critique. " - 3, " A peu près le même sens qu´éclectisme, mais employé, tout bien considéré, d´une manière sensiblement plus péjorative". v.Critique

 

VOCABULAIRE PHILOSOPHIQUE - GOBLOT
ECLECTIQUE : du grec, choisir ; méthode philosophique qui consiste à rassembler des opinions puisées dans des systèmes philosophiques divers et même opposés. L´éclectisme repose ordinairement sur cette opinion que les systèmes sont défectueux parce qu´ils sont étroits et exclusifs, et, en général, vrais par ce qu´ils affirment et faux par ce qu´ils nient. - On donne spécialement le nom d´éclectisme à la philosophie de Victor Cousin, qui prend le sens commun pour critérium de ce qu´il y a de vrai et de faux dans chaque système.

Pierre LEROUX : Réfutation de l´éclectisme
"L´éclectisme, dans sa plus haute conception, consiste à croire que l´esprit humain engendre nécessairement quatre systèmes faux, dont un est le scepticisme, et qui progressent invinciblement chacun dans sa sphère. Voilà l´éclectisme système ! Risum teneatis ?"